Comprendre son besoin de mouvement et l’aider à retrouver le calme avant la routine du soir
La journée touche à sa fin. Ton enfant bâille, se frotte les yeux, semblait fatigué quelques minutes plus tôt et pourtant, au moment où tu pensais commencer tranquillement la routine du soir, le voilà qui court dans le salon, saute sur le canapé, parle plus fort, rit pour un rien ou semble soudain avoir retrouvé une énergie incroyable.
Tu te demandes peut-être :
« Mais comment peut-il être aussi agité alors qu’il est fatigué ? »
Cette agitation du soir peut être déroutante. Elle donne parfois l’impression que l’enfant n’a pas sommeil ou qu’il cherche à repousser le coucher.
Pourtant, être fatigué ne signifie pas forcément être calme.
Après une journée remplie de mouvements, de découvertes, de frustrations, de séparations, de retrouvailles et de stimulations, certains enfants ont besoin d’un temps de transition avant de pouvoir ralentir.
Et ce passage ne commence pas toujours par une histoire ou un câlin.
Parfois, le corps a d’abord besoin de bouger un peu, se rassembler, relâcher ses tensions avant d’être disponible pour le calme.
Pourquoi cette agitation apparaît-elle souvent le soir ?
Tout au long de sa journée, ton enfant s’adapte.
Il joue, apprend, court, tombe, recommence. Il doit parfois attendre, partager, se séparer de toi, retrouver d’autres adultes, gérer du bruit, des émotions ou de nombreuses sollicitations.
Même lorsqu’une journée s’est très bien passée, elle peut avoir été intense pour son corps et son système d’éveil.
Le soir arrive alors avec un paradoxe que beaucoup de parents connaissent : plus l’enfant semble fatigué, plus il peut parfois devenir agité.
Il court.
Il saute.
Il parle sans arrêt.
Il réclame encore un jeu.
Il rigole au moment où tu lui demandes de mettre son pyjama.
Ou il s’oppose soudain à tout.
Cette agitation ne signifie pas nécessairement qu’il n’a pas sommeil.
Elle peut simplement montrer qu’il lui est encore difficile de passer directement de « ma journée est en mouvement » à « maintenant je m’arrête et je dors ».
Fatigue, excitation ou tensions accumulées ?
Il n’existe pas une seule explication à l’agitation du soir.
Parfois, ton enfant est simplement encore très stimulé par ce qu’il vient de vivre.
À d’autres moments, il est très fatigué et devient justement plus agité.
Il peut aussi avoir besoin de retrouver ta proximité après une journée passée loin de toi, avoir vécu une émotion qu’il n’a pas encore complètement relâchée ou simplement avoir besoin de quelques minutes supplémentaires pour changer de rythme.
C’est pourquoi il est intéressant de ne pas regarder uniquement ce que fait ton enfant, mais aussi ce qui s’est passé avant.
La journée a-t-elle été particulièrement chargée ?
A-t-il beaucoup couru ou, au contraire, passé beaucoup de temps contenu ou assis ?
Y a-t-il eu de nombreuses stimulations ?
Une séparation ?
Une frustration importante ?
Une journée de crèche ou d’école particulièrement intense ?
Et surtout : que se passe-t-il lorsque tu lui proposes de ralentir ?
Ces observations donnent souvent davantage d’informations qu’un comportement pris isolément.
Pourquoi la routine du soir ne suffit-elle pas toujours ?
Une routine prévisible est un repère précieux.
Le bain, le pyjama, le brossage des dents, l’histoire, la chanson ou le câlin répétés soir après soir indiquent progressivement à l’enfant que la journée se termine.
Mais une routine n’est pas un bouton sur lequel on appuie pour faire apparaître le calme.
Ton enfant peut connaître parfaitement toutes les étapes du coucher et avoir malgré tout certains soirs un corps encore très actif.
Imagine que tu arrives toi-même au terme d’une journée particulièrement intense.
Il n’est pas toujours facile de passer immédiatement de l’activité au sommeil simplement parce que l’heure est venue de se coucher.
Ton enfant peut lui aussi avoir besoin d’un petit sas entre les deux.
Faut-il laisser son enfant bouger avant la routine ?
Oui, parfois mais cela ne signifie pas organiser une séance de défoulement juste avant le coucher.
L’objectif n’est pas de le fatiguer davantage.
Il n’est pas non plus nécessaire de le faire courir jusqu’à épuisement dans l’espoir qu’il s’endorme plus vite.
Ce que l’on peut rechercher est beaucoup plus doux : un mouvement qui permet progressivement au corps de ralentir.
Selon l’enfant et son âge, cela peut être quelques mouvements, une pression du corps, un jeu d’équilibre, une grimace suivie d’un relâchement, un bercement ou simplement quelques respirations tranquilles.
On pourrait imaginer la transition ainsi :
Bouger → sentir son corps → relâcher → ralentir → entrer dans la routine.
Certains enfants auront besoin de ce passage régulièrement.
D’autres seulement après certaines journées.
Et certains n’en auront tout simplement pas besoin.
L’observation reste ton meilleur repère.
Comment savoir si le mouvement l’aide vraiment ?
Regarde moins la « réussite » de l’exercice que ce qui se passe après.
Ton enfant semble-t-il un peu plus disponible ?
Sa voix devient-elle moins forte ?
Ses mouvements ralentissent-ils ?
Accepte-t-il plus facilement de passer à l’étape suivante ?
Son corps paraît-il moins tendu ?
Si oui, cette petite transition lui apporte probablement quelque chose.
À l’inverse, s’il réclame encore et encore le jeu, accélère ses mouvements, rit de plus en plus fort ou semble repartir pour un nouveau tour d’excitation, ce n’est peut-être pas ce dont il a besoin ce soir-là.
Il ne s’agit donc pas de trouver le bon exercice à faire tous les soirs, mais de découvrir progressivement ce qui aide ton enfant à passer d’un état à l’autre.
Quels petits jeux peuvent l’aider à ralentir ?
Il n’est pas toujours nécessaire de passer directement de l’agitation au calme complet.
Pour certains enfants, une petite expérience corporelle peut faire le pont entre la journée et la routine du soir.
L’idée n’est ni de fatiguer davantage ton enfant, ni de lui demander de réussir quelque chose.
On lui propose simplement une expérience : sentir son corps, contracter puis relâcher, retrouver ses appuis, souffler ou se laisser bercer.
Avec un bébé : se laisser bercer
Dans tes bras, un bercement lent et régulier peut accompagner le passage vers un état plus tranquille.
Pas besoin de lui demander de respirer d’une certaine manière : tu peux simplement relâcher toi-même tes épaules, ralentir et laisser ta présence donner le tempo.
Avec un petit : devenir une tortue
Ton enfant peut se faire tout petit, serrer doucement son corps quelques secondes comme une tortue qui rentre dans sa carapace.
Puis ressortir doucement, laisser descendre ses épaules et souffler.
Cette alternance lui permet de ressentir la différence entre un corps rassemblé et un corps qui se relâche.
Avec un enfant un peu plus grand : jouer au lion
Faire une grande grimace, contracter les mains comme de petites pattes de lion…
Puis laisser le visage devenir tout doux, ouvrir les mains et relâcher les bras.
Le jeu permet ici de découvrir concrètement la différence entre tension et détente.
Avec les plus grands : retrouver ses appuis
Tenir quelques secondes en équilibre sur un pied demande de concentrer son attention sur son corps.
Puis l’enfant repose son pied, retrouve ses deux appuis au sol, laisse tomber ses épaules et souffle tranquillement.
L’objectif n’est évidemment pas de réussir l’équilibre parfait.
Ce qui nous intéresse est ce petit chemin : concentrer son attention, retrouver son corps, puis relâcher.
Le jeu doit rester une proposition
C’est probablement le repère le plus important.
Si ton enfant refuse, transforme complètement le mouvement, ne veut le faire qu’une seule fois ou préfère simplement venir se blottir contre toi, ce n’est pas grave.
Ces petits jeux ne sont pas des exercices qu’il doit réussir.
Et ils ne sont pas une nouvelle étape obligatoire à ajouter à une routine déjà bien remplie.
Tu peux proposer.
Puis observer.
Certains soirs, ton enfant aura besoin de bouger.
D’autres, il cherchera surtout ta proximité.
Et parfois, il sera déjà prêt pour son histoire et son lit.
Le Parent-Phare n’impose pas le chemin vers le calme. Il aide l’enfant à trouver celui dont il a besoin ce soir-là.
4 cartes pour tester ces petits jeux à la maison
Pour t’aider à essayer ces propositions simplement, j’ai préparé 4 cartes Parent-Phare, adaptées aux différents âges :
🐋 La Baleine bercée — 0–2 ans
🐢 La Tortue timide — 2–3 ans
🦁 Le Lion tout doux — 4–5 ans
🦩 Le Flamant paisible — dès 6 ans
Sur chaque carte, tu trouveras le petit mouvement à proposer. Au verso, je t’explique comment l’accompagner, ce que l’on cherche à faire ressentir à l’enfant et le repère Parent-Phare à garder en tête.
Télécharge gratuitement les 4 cartes Parent-Phare
Choisis celle qui correspond à l’âge de ton enfant et teste-la avant la routine du soir, lorsque tu sens que son corps a encore besoin de bouger ou de relâcher ses tensions.
Pas pour le faire dormir. Pas pour obtenir le calme à tout prix. Simplement pour lui offrir une possibilité de passer progressivement de sa journée à sa soirée.

Et si certains soirs, rien ne fonctionne ?
Alors il n’y a peut-être rien à « faire » de plus.
Une journée particulièrement intense, une étape de développement, une émotion, un changement dans la vie familiale ou simplement une grande fatigue peuvent rendre la transition vers le sommeil plus difficile.
Le mouvement est un repère parmi d’autres.
Le rythme de la journée, l’environnement, la lumière, la régularité du coucher, le rituel, la proximité et la sécurité affective ont eux aussi leur place.
Ce qui compte n’est pas d’obtenir chaque soir le même déroulement parfait.
C’est d’apprendre progressivement à reconnaître :
« Ce soir, de quoi mon enfant semble-t-il avoir besoin pour passer de sa journée à la nuit ? »
Et parfois, la réponse sera une petite tortue.
Parfois un lion qui devient tout doux.
Parfois une histoire.
Et parfois simplement tes bras.
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💙 Un repère à la fois, des nuits plus sereines pas à pas.
